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  • Photo du rédacteurChristian

Etape 64: Villaviciosa - Gijon

Belles couleurs du ciel ce matin, la lumière laisse augurer un beau soleil sous peu. Pour l’heure, il n’est pas encore apparent, il faut dire qu’il est encore tôt. Je me suis levé vers 6h mais je dois aller payer la chambre dans un café du même propriétaire. Je n’ai pas bien compris si le petit déjeuner est inclus mais ils ne le servent qu’à partir de 7h30… ça va me mettre sur le chemin vers 8h tout ça… Ce n’est pas que je suis pressé mais l’étape d’aujourd’hui est très longue… 28,6km ! Un peu beaucoup à mon goût mais je n’ai pas pu faire autrement.

Je me rends au troquet après avoir avalé un café et un croissant acheté la veille pour le cas où… eh bien dommage car le petit déjeuner est compris dans le prix ! Ce n’est pas grave, je prends le temps de boire un vrai café et un jus d’orange. Le croissant, le patron insiste pour me l’emballer délicatement dans un papier et que je l’emmène pour la route. Finalement, il me servira demain matin car dans le prix de la chambre d’aujourd’hui, le petit déjeuner n’est pas compris.

Voilà donc, le ventre bien rempli, je charge le sac sur le dos et je prends la route. Il me parait bien lourd le sac ce matin. Il faut dire que considérant la distance, et ne sachant si je vais trouver de quoi réapprovisionner, je préfère remplir la gourde et la poche à eau a bloc pour ne pas manquer. Tout de suite, cela fait 3,5kg. A cela s’ajoute un peu de ravitaillement acheté hier dans un supermarché. J’en avais assez de manger au restaurant des plats viande/patatas ou de la pizza. Un peu de fruits et de légumes me semblait nécessaire. Et tout de suite, ça pèse… mine de rien, 3 pommes, 4 abricots (espagnols, pas des petits français…), 3 brugnons, ça vous alourdit le baluchon sérieusement ! Pas malin pour la plus longue étape de la séquence… Mais bon le pèlerin parfois à une logique bizarrement guidée par son ventre…

Le démarrage de la balade est assez agréable. Facile mise en forme et échauffement des genoux sur une bonne distance à plat. Mais ce petit intermède n’a qu’un temps parce que à l’affiche aujourd’hui nous avons deux montées suivies de leur descentes respectives. Un magnifique « M » inégal, le premier pic culmine à 500m, nous partons d’environ 100m, donc 400m de dénivelé sur un peu plus d’un km. Le second, s’élève à 400m sachant que nous redescendons du premier pic jusqu’à 200m. Je laisse à Ewen le soin de me calculer combien de dénivelé j’ai grimpé pour ce second pic. Au passage, il me donnera aussi l’âge du Capitaine Haddock, ça peut servir pour m’orienter sur le chemin !!

Bref, une petite fantaisie qui ressemble au chalenge du Pays basque… Pourtant, on m’avait dit que les Asturies c’était plus plat, plus facile… Je me suis laissé berné. « Si j’avais su, j’aurais pas venu… ». Bon je ne vais pas jouer au petit Gibus, je suis un pèlerin majeur et décidé. Et puis, je me sens bien, je gère ce problème de genou et pour le moment, il tient. Alors allons-y. Ben oui gros malin, tu veux faire quoi d’autre ?

Donc revenons à notre chemin, la montée se fait gentille au début, histoire de t’amadouer puis elle s’enhardie et accentue légèrement la pente. Il ne s’agirait pas d’affoler le pèlerin tout de suite. Et quand tu es bien concentré sur le bon pas… Shlac ! Elle change de braquet et t’inflige le chemin caillouteux et la pente de folie pour une montée vertigineuse qui n’en finit pas. Des virages autant qu’il en faut pour masquer que ce n’est pas encore la fin, qu’il y a encore une petite rampe à droite, qu’elle te garde le raidillon magique pour le dessert… J’avoue que même les petits pas n’ont pas suffi, il a bien fallu, à un moment, que je m’arrête tous les 20 pas. Vous remarquerez que je suis passé d’un arrêt tous les 10 pas en Pays basque à un arrêt tous les 20 pas en Asturies… grâce à la technique de mon ami Pablo et surement un peu aussi à l’endurance acquise, je progresse légèrement dans le process de la grimpette pérégrine. Appréciez l’évolution !!

Bon très affaibli par cette montée, je me pose au sommet pour une longue reprise de mes esprits. Je vide presque la gourde tellement j’ai transpiré. Véridique, j’enlève le t-shirt et je l’essore tant il est imbibé de sueur. Il est tout mouillé, mais attention, le mérinos ne donne pas la sensation de froid… il a beau sécher vite, ma pause n’y suffit pas. Bon une fois que j’ai fait ça, ben je le remets, je vais pas marcher torse nu ! Sue ces entrefaites, un cycliste s’arrête, je l’ai croisé dans la montée avant le chemin caillouteux, lui aussi il semblait bien en galère avec son vélo même l’assistance électrique ne pouvait rien pour lui tant la pente était raide. D’ailleurs, il a dû s’arrêter quelque part sur une partie non commune avec les piétons pour que j’arrive avant lui. On bavarde un peu, puis il s’engage dans la descente qu’il aura surement bien vite avalé. Il m’a bien proposé un coin du porte bagage mais je lui ai répondu que les pneus n’allaient surement pas apprécier le surpoids !

Voilà, un petit coup de fil à mon grand garçon, un petit coup de fil à ma grande fille et hop… je me mets sur le mode descente à mon tour. Longue, longue cette descente. Route puis sentier de graviers puis à nouveau petite route jusqu’à un hameau et nous voilà descendu à … alors Ewen, tu as trouvé ?

Mais arrivé à ce point, la seconde montée s’est fait attendre, presque désirée. En fait, oui, parce que je commence à avoir un peu faim et je préfère monter le ventre pas alourdi par le casse-croute. Donc je décide de m’arrêter pour manger une fois arrivé en haut de la seconde montée. De plus, il n’est pas très tard, je devrais arriver en haut vers… bon je me suis un peu planté sur mes estimations… il faut dire que la seconde montée elle n’est pas piquée des hannetons… Pourtant, une jeune Française croisée dans le tronçon d’approche et faisant le chemin à l’envers (oui, ça se fait, ce n’est pas vraiment courant mais ça existe…), m’a affirmé que jusqu’à Gijon, c’était cool. Ce genre de commentaire, c’est comme pour les distances (cf la 3ème étape en France). Il ne faut jamais demander son avis sur le parcours à un jeune, de toutes façons, c’est toujours « cool » ou alors « ça pique un peu mais pas plus ». Normal à 20 ans …

Donc pour la seconde montée, je suis revenu à un arrêt tous les 10 pas dans certaines sections… pas vraiment le choix, d’autant que mon genou commençait à râler un peu. Pourtant dans la montée, c’est mieux que sur le plat et la descente… ça doit dépendre des montées !

Arrivé en haut un peu plus tard qu’estimé, je crois rêver… un bistrot planté juste au sommet, un petit muret pour s’asseoir, voilà tout ce qu’il me faut pour le casse-croute. J’entre dans le bar pour commander une boisson fraiche et ressors m’installer sur le muret à l’ombre. Et la vue … sublime perspective sur la ville de Gijon et sa baie. Je m’en délecte tout autant que du sandwich et des petites tomates cerises de mon repas. Je prends vraiment tout mon temps. Trois couples de pèlerins passent en me saluant mais sans s’arrêter… je ne sais pas comment ils font. A peine le sommet franchi, ils enchaînent avec la descente…

Je suis bien resté ¾ d’heure et ça m’a fait un bien fou. Je suis reparti dans la descente vers Gijon avec beaucoup d’allant mais en surveillant mon genou. J’ai fait plusieurs arrêts pour lui et aussi pour me désaltérer car le soleil de 14h commence à bien chauffer l’atmosphère.

Depuis plusieurs jours, je croise de curieuses constructions, toujours du même type presque les mêmes dimensions. Je m'arrête à plusieurs reprise pour observer ces drôles de bâtisses en bois sur pilotis de pierre. Elles semblent avoir une destination utilitaire tout du moins à l'origine. D'ailleurs, je me permets de questionner deux menuisiers au travail alors qu'une de ces constructions jouxte leur atelier. Il s'agit bien d'une particularité Asturienne d'ailleurs, je n'en ai pas vu ni en Cantabrie ni au Pays basque. Il s’agit de granges sur pilotis, des greniers qui avaient pour vocation le stockage des céréales, principalement le maïs. Ils étaient également utilisés pour la conservation des pommes de terre, des pommes fruits ou encore pour le séchage de pièces de charcuterie. Les plus anciens datent du quinzième siècle et on en dénombre plus de vingt mille dans cette province où ils sont considérés comme un bijou de l’architecture populaire. On en trouve des carrés, appelés hórreos, avec un toit pyramidal à 4 pans mais aussi des rectangulaires appelés paneras (on y stockait le maïs pour faire le pain, ce sont les plus récents en général).

L’arrivée dans Gijon se fait sans encombre ni dégât. Je ne m’attarde pas dans les rues de la ville sans grand intérêt, en tout cas moins que mes pieds qui commencent à sérieusement chauffer. Ils crient pour un bain d’eau froide… Je me dirige dans un dernier rush vers l’hôtel de la nuit, prends la chambre, une douche et me voilà, résumant cette folle étape de montagne. Oui on peut dire de montagne même si elles ne sont pas bien hautes, pour moi il y a bien des montagnes en Asturies, d’ailleurs, mes cuisses confirment !


Voilà, fini pour aujourd’hui, j’espère que vous cette lecture vous a plu, je vous dis à demain !




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3 Comments


Morgane Travers-Trolet
Morgane Travers-Trolet
Jul 06, 2021

Ewen a fait le calcul: 400m de dénivelé pour la première montée et 200m pour la deuxième. Ça fait 600 aujourd’hui, sacrée montée! On en a profité avec ewen pour regarder sur la carte où tu étais, et il a dit : « what! » Bisous

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Christian Trolet
Christian Trolet
Jul 06, 2021
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😉Super ! une graine de matheux...

mais alors et l'âge du capitaine Haddock ? 😁

Bisous à tous

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veronique.trolet
Jul 06, 2021

Le soleil brille TOUJOURS derrière les nuages super mon doux coeur tu as eu une superbe journée et tes photos sont splendides. Encore BRAVO et bon courage pour demain. Très gros bisous de nous tous

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