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Etape 57: Mar - Cobreces

Buenas Tardes !

Voilà, j’enrichis chaque jour…

Alors bis repetita, ça ce n’est pas de l’espagnol quoique je vais finir par en douter tant la pluie commence à me plonger dans une mer de désespoir… Bon j’en fais un peu beaucoup là mais ça devient un peu lassant. J’aimerais bien gouter à la variété et au fameux soleil local. Trois jours consécutifs c’est plus qu’il n’en faut pour mes pauvres chaussures, elle se noient ! Et je ne parle pas de mes chaussettes, à tordre…

Mien en place du poncho dès le démarrage, ce matin, après un petit déjeuner frugal car la pension ne servait pas avant 8h30 ! Ce n’est pas une heure décente pour un pèlerin, ça ! Donc, j’ai fait du bricolage avec un sachet de café lyophilisé et l’eau chaude du robinet, encore une fois… J’avais acheté hier midi quelques gâteaux et puis voilà ! Je mangerais mieux ce midi ou ce soir. Ou mieux, je m’arrêterais en route, je commence à prendre plaisir à ces petits arrêts. D’autant que c’est aussi un moyen de me reposer et de me mettre à l’abri quand il pleut.

Donc, départ sous la pluie et comme hier, le long d’une route. Ça aussi, ça commence à lasser. Je pestais contre les chemins creux du Pays basque mais ils étaient bien plus pittoresques que ceux de Cantabrie… Bon plus difficiles aussi, il faut être honnête et savoir ce que l’on veut. J’avale les kilomètres sur le plat et sous la pluie qui tombe drue ! J’ai le pantalon tout mouillé et les chaussures qui font encore floc, floc, floc. Je ne lève pas trop la tête car il y a même un peu de vent qui chasse l’eau de ma capuche vers mes lunettes.

La route fortement roulante en ce lundi matin où les travailleurs s’en vont à la ville, Santander n’est pas si loin, est assourdissante et je ne suis pas malheureux lorsque je bifurque enfin sur une plus petite route moins passante et donc moins bruyante. Comme un petit air de campagne. Des tours et des détours par différentes petites routes pour aboutir quelques dix kilomètres après mon départ… sur une voie pavée.

Eh bien là, pour une surprise ! Je m’étais résigné à passer une journée particulièrement ennuyeuse et bien, me voilà dans une superbe vielle ville médiévale : Santillana del Mar ! Une collection de bâtiments anciens tous plus beaux les uns que les autres et particulièrement bien conservés et restaurés. Je flashe à tout va. L’église, les rues, les ruelles, les échoppes, des pierres partout. C’est vraiment imprévu. Je suis sous le charme. Et plus encore lorsque je vois enfin le premier café ouvert… il est tout de même déjà 10h. Mais je n’hésite pas et entre m’assoir pour commander un bon petit déjeuner qui me fera aussi l’encas de la mi-matinée. Deux cafés, deux croissants et deux bons vrais jus d’oranges bien frais avalés et me voilà fin prêt pour repartir.

Au troquet, j’ai discuté avec deux jeunes mexicains eux aussi en route pour Compostelle. Ils ont démarré de Bayonne il y a 12 jours. Au moment de partir, ils m’ont souhaité bon chemin et pas trop de pluie… il faut croire que le mexicain attire la scoumoune ! A peine sorti, la pluie repartait. Et il en a été comme cela jusqu’à l’arrivée au terme de l’étape. Une éclaircie, une averse, un moment de répit, une douche…

J’étaie en train de monter péniblement une côte… à petits pas… et là un PGV (pèlerin à grande vitesse) m’a décoiffé en me laissant carrément sur place. Il faisait bien du 7km/h !! Et pas jeune qui plus est. De quoi vous donner de sérieux complexes. J’ai failli être tenté de le suivre mais ai du me résigner à ma pauvre condition de PVM (pèlerin à vitesse modérée). Il a croisé les Mexicains avec qui il a pris le temps de parler… il compte rallier Compostelle en 2 semaines !! 40km par jour minimum ! Fada le gars, il va surement en bruler le caoutchouc de ses chaussures.

Moi, pépère, avec mes douleurs un peu partout, je vais petite allure mais ça me va bien finalement. Aujourd’hui, l’étape est de 25km et je m’en tire plutôt bien. Bon j’avoue que ça tiraille bien au niveau des cuisses et puis un nouveau souci est apparu sur un petit orteil du pied droit qui me lance fort… j’ai bien mis un pansement ce matin mais il doit flotter dans l’eau en ce moment. Je vais devoir soigner à l’arrivée…

J’ai pris le soin de m’arrêter plusieurs fois pour calmer mes cuisses et préserver mon genou. Du coup j’ai croisé et recroisé les Mexicains qui eux-aussi font des arrêts. En entrant dans Cobreces, je les revois probablement pour la dernière fois, ils vont plus loin et font des étapes plus longues. Je n’ai pas revu non plus les camarades croisés les jours précédents… surement loin devant maintenant.

Avant d’atteindre la chambre d’hôte (Possada en Cantabrie), je fais un arrêt au café-restaurant du village et me commande un bon plat chaud. Un petit café et l’addition plus tard, me voilà devant mon hébergement de la nuit. Je dois attendre un peu car les propriétaires sont partis chercher leur fille qui arrive à l’aéroport de Santander. Accueil charmant dans une très jolie maison super cosy. Ma chambre est confortable et je sens que je vais bien dormir…

Voilà une autre étape de bouclée, un peu plus près de Santiago chaque jour !

Bonne lecture à vous et à demain…




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4 Comments


veronique.trolet
Jun 28, 2021

Sacré pèlerin à petits pas tu approches du but plein de courage et de bisous

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Christian Trolet
Christian Trolet
Jun 29, 2021
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Merci, merci...

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jeannine.travers
Jun 28, 2021

Bonsoir Christian qui a déjà quitté Santander comme nous il y a ...20 ans! Eh oui, pour nous ce fut un joli souvenir car nous y avions accompagné Morgane qui participait à une étape de la Cutty-Sark (Santander-Porthmouth) course de grands voiliers. C'était un cadeau pour ses 20 ans. Et nous aussi, nous avions fait une halte à Santilla del Mar. Morgane embarquait sur le "Mir" un 3 mâts russe? Pour toi, ta ligne de mire se trouve plus à l'ouest, mais elle se rapproche régulièrement. Alors continue à ton allure pour arriver à la prochaine étape, puis celle d'après, puis celle d'après, puis .... toutes les autres. Bonne route sur les chemins que tu empruntes chaque jour.

Bizzz Jeannine

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Christian Trolet
Christian Trolet
Jun 29, 2021
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Merci Jeanine. Souvenirs, souvenirs...

Mon genou ne me laisse pas beaucoup de répit à moins que ce ne soit l'inverse...

La fin d'étape est chaque jour plus difficile. Je prie chaque matin pour ne pas caler au beau milieu du chemin.

Enfin, demain soir je m'arrête pour 2 nuits et une journée pleine sans marcher en espérant que cela calmera les inflammations et les douleurs. Sinon, je stopperais plus longtemps.

Ce qui est sur c'est que j'ai vraiment envie d'aller au bout mais la route est encore longue et il me reste quelques monticules, en particulier Galiciens, à monter et descendre avant le parvis de la cathédrale de Santiago !!

Bises à tous les deux

Christian

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