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  • Photo du rédacteurChristian

Etape 48: Markina-Xemein - Guernika

Cette quarante-huitième étape de mon chemin me mène à Guernika. Ville très particulière s’il en est. Ville martyre de la guerre civile espagnole, bombardé par la légion Condor, l’aviation allemande en terrain d’essai pour la grande guerre qui se préparait… Que pouvaient bien opposer les républicains à une telle puissance meurtrière. Une ville détruite, et ce massacre précurseur de bien d’autres quelques années plus tard… c’est donc avec une émotion particulière que je rejoins cette ville. Et je ne peux m’empêcher de penser à Mamouche et Papouche, les grands parents de mes neveux et nièces qui ont subi les affres de la guerre civile et ont souffert des indicibles conditions faites aux républicains par le régime du dictateur.

Sur le plan du pèlerinage, eh bien, en me levant ce matin, j’ai toujours un fort mal à la cuisse droite. Quelque part entre la courbature et le ligament douloureux. Pas encore à boiter mais chaque fois que je suis en appui sur cette jambe, elle se dérobe… tout ça n’est pas gagné !! Je décide donc de prendre le train pour rallier directement Guernica et de faire l’impasse sur la marche pour cette étape encore une fois.

Le trajet est agréable, les trains basques plutôt modernes et très facile d’accès. Les dessertes sont efficaces et je rejoins Guernika en deux heures après un petit changement à Lomoa. Je dépose mon barda à la pension et m’en vais vers la ville, visiter les lieux. C’est aussi, pour moi, l’heure de manger. Je dis pour moi car ici, on ne sert pas avant treize heure… C’est l’heure où je fais ma sieste… Je poursuis donc ma visite et en m’approche de ce que je comprends être le parlement Basque : la maison des Juntes. Un garde en uniforme, en réponse à ma question, s’en va chercher un dépliant en français sur l’origine et l’histoire de cette bâtisse. J’y découvre l’histoire de l’arbre où les responsables politiques venaient jurer leur fidélité aux lois ancestrales basques.

Puis je descends les marches qui mènent à un immense parvis entouré de bâtiments formant un grand « U ». Il y a là : un musée dédié au bombardement de 1937, une école de chaque coté de la place complètent le « U ». Au milieu de cette place, prône une sculpture à la mémoire des combattants républicains lutant pour leur liberté. Une plaque gravée au sol, comme une légende à cette œuvre très poignante.

A ce moment, un jeune enfin, la trentaine, donc jeune, s’approche et nous entamons une discussion sur le thème de la plaque. Il est anglais de Manchester, installé à Majorque depuis plusieurs années et en vacances en Pays basque. Nous évoquons la guerre civile et l’engagement de tous ces espagnols de toutes régions ainsi que les étrangers qui se sont mobilisés pour les accompagner dans leurs combats, les fameuses Brigades Internationales.

Tout cela résonne en moi à l’aune de ce que m’ont laissé mes propres parents qui eux aussi se sont dressés contre la barbarie et l’obscurantisme quelques années plus tard, avec leurs maigres mais si honorables moyens. Je disais en une autre occasion : « Des héros ordinaires dans des temps extraordinaires… ». Il me semble que trop souvent nous oublions ces temps là où être libre nécessitait de risquer sa vie !!

Nous restons à discuter une bonne demi-heure aussi sur d’autres sujets, du camino, des vacances, du Covid, du Brexit, … et avant de refaire le monde sur cette place, nous sommes partis chacun de notre côté. Moi, à la recherche d’un restaurant car là vraiment, j’avais vraiment faim ! Sur les recommandations de la pension, je dégotte le bon restaurant, enfin, celui où j’ai pu manger un vrai menu basque pour une bouchée de pain. Elle est bizarre cette expression… qui connait le prix d’une bouchée de pain !

Après ce bon repas, je cherche le mur où est reproduit le tableau de Picasso réalisé après le bombardement, à la demande du gouvernement républicain, pour l’exposition universelle de 1937 à Paris. Puis, encore un peu de visite mais la ville n’est pas si grande que cela et je m’en retourne vers la pension pour une bonne sieste. Et j’ai fait une grande sieste… c’est donc pour cela que vous n’avez ce compte rendu qu’aujourd’hui…

Le reste de la journée est assez plat, souper rapide, au lit de bonne heure même après la sieste de l’après-midi, car demain, je reprends le chemin à pied cette fois-ci.

Voilà dont pour le résumé de mon passage à Guernika.

Bonne lecture et à demain…




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