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  • Photo du rédacteurChristian

Etape 45: San Sebastian - Zarautz

Je redoute cette seconde étape espagnole, surtout après la première et les séquelles qu’elle me laisse en ce début de journée. Si mes pieds se sont apaisés, les courbatures aux cuisses sont encore bien vives et j’appréhende ce qui va se passer sur le chemin d’aujourd’hui. A priori, le dénivelé est un peu moindre mais il reste néanmoins assez significatif pour que je souffre encore une bonne partie de la journée. Allons, pas de stress inutile, de toutes façons, je verrai bien à quoi je vais être soumis !

La matinée débute comme toutes les précédentes où je m’apprête pour une longue marche. Je fais une erreur que je ne reproduirais pas, je fais l’impasse sur le petit déjeuner… la boulangerie en face de la pension n’ouvrant qu’à 7h30, j’ai peur de ne pas être sur le chemin avant 8h et vu le temps annoncé, je préfère partir plus tôt… le ventre vide… à ne jamais refaire !

Le chemin commence dès la sortie de la pension et longe la plage de San Sebastian pendant un long moment, elle est plutôt grande. Je reprends une belle photo de la gigantesque vierge qui veille sur les San Sebastianais, dominant la ville depuis le mont situé sur une ile au milieu de la baie.

Je commence donc l’étape par une phase d’échauffement sur le plat en admirant les belles couleurs du matin éclairé par un soleil naissant. De nombreux sportifs se sont déjà mis en action de bonne heure sur cette belle promenade et par groupes, se croisant en courant. Il y a même des baigneurs qui profitent des premières heures de la journée pour une nage d’échauffement. Bref, je ne suis pas seul sur ce tronçon.

Au bout de la promenade, je bifurque sur la gauche et me retrouve, après deux ou trois virages dans un beau quartier de belles demeures, au pied d’un escalier à large marches qui m’indique que les réjouissances commencent. Et ça commence bien, mes cuisses réagissent immédiatement et m’informent au passage qu’il va falloir que j’en prenne soin. Au mitan de ces escalier, je croise un pèlerin belge qui a pris un jour de repos mais vient tout de même reconnaitre le terrain de sa prochaine étape… c’est bien belge ça… profiter d’un jour de repos pour marcher !! Il m’accompagne quelques marches puis s’en va dans son allure, pfff… il monte à vide là, ben il verra demain !

Encore quelques marches et je me retrouve sur un chemin… qui monte mais de manière moins forte que le chemin d’hier et surtout, le terrain est bien praticable, pas de risque de se tordre le pied en avançant. Ce ne sera pas le cas sur tout le trajet mais là en démarrant ma montée, j’apprécie. Je fonctionne toujours de la même manière, dès que j’en peux plus, je m’arrête deux à trois minutes, je prends une gorgée de ma poche à eau installée dans mon dos, C'est super pratique de pouvoir boire sans devoir déposer le sac. Merci Lisou de m’avoir apporté cet ustensile bien utile. Bon ça fait deux kilos de plus à porter mais je me rends compte que ce n’est pas du luxe vu la quantité d’eau que j’absorbe pour compenser celle que je perds en transpirant. Mon t-shirt est trempé à tordre tellement j’évacue de la sueur. J’espère que j’élimine toutes les toxines que j’ai accumulé depuis des années…

Tiens, voilà la jeune espagnole d’hier ! On se salue, on échange deux/trois mots d’encouragement chacun et comme on est à un point de vue superbe surplombant la ville de San Sebastian, on flashe. Puis on repart chacun à sa vitesse, on se dit à plus tard mais elle, je ne la reverrais pas de la journée. Tout comme l’autre jeune pèlerine aperçue hier au premier arrêt. Comme je peinais comme un mulet chargé, elle s’inquiète de mon état… Quetal ? Je lui baragouine dans un mélange de français-anglais-espagnol que ça va – ça va… Et elle non plus je ne l’ai plus revue, faut dire qu’elle grimpe comme une chevrette.

J’ai croisé plein de nouveaux compagnons de route. Enfin quand je dis, croisé, soyons clair, ils m’ont doublé bien sûr… Un jeune couple de français avec qui on s’est doublé à plusieurs reprises au gré de leurs haltes assez longues pour que je les rattrape, me disent venir de Normandie mais ont démarré leur chemin il y a trois jour depuis Hendaye.

Donc la montée se fait en deux paliers, le premier jusqu’à 200m puis une petite descente après un plat pas tout à fait plat, il ne faut pas qu’on s’ennuie alors on descend un peu puis on remonte tout de suite. Oh pas beaucoup mais suffisamment pour avoir l’impression de montagnes russes… et enfin le second palier qui nous amène jusqu’à 350m. De là, on entame une longue descente faite de sentiers avec plein de grosses pierres dans un sous-bois. Ce n’est pas le terrain idéal pour descendre, j’y vais avec de multiples précautions car je n’aimerais pas tomber ou me tordre une cheville. Et là bien sûr, je glisse sur une pierre et me retrouve par terre. Heureusement pas de mal, je me relève assez vite et redouble d’attention ce qui me fait une allure d’escargot. Je me fais redoubler par les jeunes français. Bon, en même temps, on ne fait pas la course.

Je les retrouve assis à l’ombre d’une place à l’entrée de la ville d’Orio qui se trouve au terme de la descente caillouteuse. Une fontaine me permet d’étancher ma soif et j’en profite pour remplir ma gourde par précaution. Ensuite, je m’en vais à la recherche d’un petit restaurant pour avaler quelque chose de plus consistant que les deux pommes que j’ai dans ma besace. Je trouve un petit bistrot pas trop loin du chemin et je m’attable après avoir validé la salade que me proposait la serveuse. Sans gêne mais discrètement tout de même, je déchausse pour aérer mes pieds qui brulaient à la suite à cette bien longue descente. La salade arrive bien copieuse et je m’en délecte en prenant tout mon temps. J’en profite pour recharger mon téléphone pour ne pas me faire prendre comme hier. Un café, un second café… le téléphone est assez chargé pour finir l’étape. Je paye et me rechausse puis reprends la route après ce bon repos.

J’ai l’impression d’avoir repris des forces en avalant cette salade. Comme quoi, le petit déjeuner est indispensable… La reprise est plate sur une route un peu chargée, en plein soleil, c’est costaud. Et encore, nous ne sommes qu’en juin et la température n’est que de 29° à 13h… Après 3km à ce régime, je bifurque dans un chemin de terre pour 1km avant d’entamer une longue ascension par une route goudronnée sur trois longs kilomètres. Le petit couple de français me dépasse à nouveau et cette fois-ci, c’est la bonne, je ne les reverrais plus de la journée. Surement demain matin au démarrage de la prochaine étape. Je me retrouve en compagnie d’un jeune couple de cyclistes espagnols qui eux aussi peinent à monter cette sacrée côte. Ils sont obligés de mettre pied à terre pour pousser leur vélo et la charge qu’il supporte. On se suit jusqu’en haut de la côte d’où ils se laissent glisser dans la descente non sans m’avoir lancé un « buon camino » que je leur retourne.

A nouveau, descente sur cette petite route goudronnée en direction de Zarautz et sa superbe plage. Traversée de la ville pour arriver à la pension Muzika, lieu de mon hébergement pour la nuit. Confortable, tout autant que la veille, je m’installe, commence par laver mon t-shirt trempé de sueur et me glisse dans la douche pour une bonne rincée fraiche avant d’entamer mon rapport quotidien.

Finalement, c’est difficile, je le sais mais bon, j’y retourne encore et encore…

Demain devrait ressembler à aujourd’hui avec un peu moins de dénivelé, il me semble. Alors je vais profiter de chaque minute pour reposer mes muscles endoloris et être prêt pour l’épreuve suivante.

Bonne lecture à vous et à demain…






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2 Comments


veronisue.trolet
Jun 15, 2021

Cher conquérant de l’Espagne à pied,

Merci pour ces magnifiques photos et de ton récit que nous attendons tous avec impatience. Tu dois te remplir de très bonnes énergies au fil de ta journée en plein air mais tu dois aussi partir avec un ventre plein vu tous les efforts que tu produis dans la journée. Je te souhaite une très belle traversée demain avec plein de vitalité et bravo pour ta belle condition physique.

plein de bisous bravo bisous bravo bisous bravo

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Christian Trolet
Christian Trolet
Jun 17, 2021
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Je me sens tel un Don Quichotte de la Mancha... avec son Poncho mais sans les moulins à combattre. Quoique les montées et les descentes pourraient bien représenter les moulins de ce grand conquistador de papier. Merci pour ces mots de lumière que tu m'adresse.

Bisous

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