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  • Photo du rédacteurChristian

Etape 18: Albepierre - Thiezac

Ce matin, le réveil est très matinal. La météo annonce une chaude journée, autant démarrer à la fraiche. Je ne prends donc pas de petit déjeuner. Le diner d’hier était suffisamment copieux pour que je fasse l’impasse. Il me reste une pomme pour la route.

Une douche froide rapide pour me réveiller, le paquetage fermé, j’approvisionne en eau la poche et la gourde pour la longue étape d’aujourd’hui. Je dis longue car je m’attaque au Plomb du Cantal et là ça monte sévèrement pendant 6 à 7 km.

Je m’apprêtais à sortir quand j’entends un barrouf dehors, un troupeau de vaches s’est égaré dans le village semant pas mal de saletés comme il se doit. Je vois le fermier courir dans tous les sens pour tenter de regrouper ses bestiaux. Je le retrouve alors que je sors de mon hébergement. Il est équipé d’une pelle et s’évertue de ramasser les bouses bien fraiches disséminées par ses vaches. Je croise aussi le couple de vacanciers Françoise et Raymond avec qui j’ai passé une partie de l’après midi hier à la terrasse du café alors que j’attendais l’ouverture de mon hébergement. Raymond, lui aussi, s’est muni d’une pelle pour nettoyer les abords de sa location… Leur réveil a été beuglant !!

Je me lance dans les premiers lacets de la montée vers le Prat du Bouc, première ascension avant le Plomb du Cantal. La technique des petits pas apprise auprès de mon ami Pablo l’an dernier sur les sentiers du Pays Basque, n’auront pas suffi… J’ai dû m’arrêter 350 fois dans la montée, parfois tous les 10m tant la pente était rude, mon sac lourd et mes propres kilo toujours bien installés autour de mon bide…

Il m’aura fallu 3h40 de montée pour atteindre le sommet et encore, j’ai zappé la dernière butte qui m’aurait fait atteindre le vrai pic. Bof, à peine 20m de dénivelé. Mais monter et redescendre pour une paire de photos alors que je devais tourner à gauche en bas de cette petite butte, ne m’a pas vraiment motivé à un effort supplémentaire surtout après presque 4h de montée. Des photos j’en ai fait pléthore tant la vue est époustouflante. Une perspective à 360° quasiment sur le sentier des crêtes. 10km de balade en haut de cette gigantesque coulée de lave de près de 25km. Issue du titanesque volcan que fut le Plomb du Cantal. 70km de Cratère, 7 coulées de laves dans toutes les directions qui ont créé de superbes vallées et ces merveilleux paysages, avant de s’effondrer pour ne subsister qu’à 1850m d’altitude.

Heureusement, à partir de maintenant, c’est de la descente via le chemin des crêtes. Enfin, je me méfie un peu parce que par ici, les sentiers ont tendance à monter un peu plus avant de descendre, histoire sûrement de prendre un peu plus d’élan !!

Avant cela, je pose le sac à dos par terre, m’assied le dos bien calé contre une belle pierre posée là pour cela et me désaltère en reposant mes pieds et surtout mes cuisses qui brulent bien naturellement après ce bel effort. Je mange ma pomme de réserve pour reprendre un peu d’énergie avant la descente.

Dans la montée, j’ai été dépassé par un randonneur qui effectue une boucle sur 5 jours. Ce soir nous nous retrouvons au même gîte un peu avant d’arriver à Thiezac. Après un bref échange, nous nous disons à ce soir et il s’en va devant, plus leste que moi.

J’ai aussi été dépassé par une troupe de cabris… des treckistes de l’extrême… estomaqué le Christian ! En 5 minutes, allez 10 pas plus, je les aperçois en haut de la butte du Plomb alors qu’il me faudra bien 1h30 encore pour y arriver. C’est pas juste, ils sont secs comme des coups de trique et pèsent sûrement le tiers de mon poids… sans compter qu’ils n’ont pas de sac et à la vitesse où ils montent, n’ont pas besoin d’emporter des litres de boisson, ils seront bien assez vite au bistrot pour se désaltérer.

Donc après ma pause en haut du Plomb, je me lance dans la descente. Indescriptible !! des paysages à droite comme à gauche superbes. Il me faut faire attention à ne pas être trop distrait car le sentier est tout de même rocailleux et je crins de butter sur une pierre et de tomber ou de me froisser la cheville. Je m’arrête donc assez souvent pour respirer tout cette zenitude et m’en imprégner à plein poumon.

Je ferais plusieurs arrêts pour descendre le sac à dos, afin de laisser reposer les genoux qui sont fortement sollicités dans cette descente. Je bois aussi beaucoup car le soleil donne bien.

Ah mais oui, je ne vous ai pas encore parlé de la météo… Bizarre. Malgré les annonces de la veille, le ciel est chargé ce matin. Couvert et même menaçant du côté où je vais… Heureusement la première partie de la montée jusqu’au Prat du Bouc se fait dans la bonne humeur mais dès les premières rampes du Plomb, les premières gouttes font leur apparition. Et donc C’est le premier jour de sortie pour Mister Poncho !! En grande pompe, j’étale son bel orange sur mon dos, recouvrant le sac à dos pour le protéger. Oh, il n’a pas fait une longue sortie, car même si l’orage semblait éclater, il se situait plutôt du coté d’Aurillac plus au sud, laissant entrevoir un peu d’espoir pour le reste de la journée. Et en effet, à peine arrivé en haut du Plomb, le ciel bleu est apparu et avec lui les premières chaleurs. Heureusement, une petite brise légère mais rafraichissante atténua grandement le désagrément de la sudation intempestive.

Je suis resté près de 3h sur le chemin des crêtes et les derniers hectomètres avant l’arrivée au gîte ont été vite avalés en descente sur un large chemin et un bout de route sur les dernières foulées. Vivement l’arrivée, je n’ai plus une goutte d’eau à boire !

Le gîte apparait au détour d’une boucle de la route. Je me précipite et j’ai de la chance, la porte est entrouverte car des locataires sont présents. Normalement, l’accueil ne se fait qu’à partir de 17h et il est à peine 15h. J’aurais dû trouver la porte fermée. Je peux donc remplir ma gourde, la vider et la reremplir avant d’aller me poser sur la terrasse en attendant l’heure d’ouverture. Après avoir déchaussé, retirer les chaussettes, changé le t-shirt et enfilé un short, je fais sécher les vêtements de marche sur le fil à linge. Ensuite, je m’installe dans un recoin ombragé à l’extérieur de la maison dans un fauteuil de jardin, les doigts de pieds en éventail, prêt pour une petite sieste.

Vers 16h15, je vois apparaître Edouard, mon compère de la montée du Plomb. Il a fait plus d’arrêt que moi mais bizarrement, on ne s’est pas croisé sur le chemin. Sans doute l’ai-je dépassé alors que j’esquivais la dernière butte du Plomb. Je l’avais aperçu auparavant, grimpant les derniers mètres et se hisser tout en haut.

Nous patientons de conserve en nous racontant nos périples respectifs. Vers 17h les deux propriétaires du gîte arrivent et nous reçoivent. Installation, douche, soin des pieds et hop… on redescend échanger autour d’une petite bière pas bien fraîche mais bon c’est sympa tout de même. Nous sommes assez vite rejoints par Jean-Baptiste, un autre randonneur en route dans le sens inverse. Demain il s’attaque au Plomb du Cantal en commençant par la route des crêtes. Je ne sais pas ce qui est le plus agréable à faire… commencer par le Plomb ou par les crêtes… bof ! de toute façons, ça monte dans les deux cas…

Nous sommes là assis face à une vus plongeante sur les collines de Thiezac à siroter notre bière… et je dois dire que c’est … cool la vie ! Y a vraiment plus malheureux que nous sur terre… profitons pleinement de cet instant.

Vers 19h, je me lève pour aller diner. Nous avons réservé un repas au Gîte. A vrai dire, nous n’avions pas trop d’autre choix pour manger, la boutique ou le restaurant le plus proche est à 4km (en descente et donc à remonter après…) à Thiezac. C’est un service traiteur de bonne facture pour un prix somme toute très raisonnable. Nous mangeons tous les trois, après quoi je les quitte pour monter m’allonger car je suis, à vrai dire, plutôt épuisé. Qui plus est, le redémarrage demain est aux aurores car une très longue étape vers Aurillac m’attend. Jean-Baptiste ne tarde pas à me rejoindre car lui aussi a une étape difficile à gérer le lendemain. Edouard quant à lui préfèrera bouquiner un peu avant de se coucher. Il décolle plus tard demain.

Nous ne sommes pas seuls dans le gîte, des ouvriers y sont logés, qui sont sur un chantier de rénovation de la ligne de chemin de fer passant par Thiezac. Nous les avons un peu entendu dans la soirée mais somme toute, ils ont été plutôt correctement bruyant et se sont arrêtés autour de 22h30.

Voilà pour aujourd’hui, merci de votre attention, bonne lecture et à demain.





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2 comentarios


eschlos03
18 jun 2022

Salut compagnon d'étape.

J'ai lu avec plaisir ton commentaire d'étape.

Tu as été la rencontre la plus surprenante, de mon petit periple.

Jamais je n'aurais imaginer de telles performances et aventures lorsque je t'ai croisé dans la montée du Plomb du Cantal

Tu m'en a bouché un coin.

J'ai beaucoup aimé nos échanges, en attendant l'ouverture du gîte, ce contraste entre ta vie dite normale et cette envie profondément d'une recherche intérieure que te procure ces randos.

Je vais acheter le livre de Frédéric Gros "Marcher une philosophie".

J'espère que tu ne souffre pas trop de la chaleur.

Bonne route et que tes pas t'amenent à bon port et qui sait elles se croiseront un jour à nouveau.

Édouard


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Christian Trolet
Christian Trolet
19 jun 2022
Contestando a

Merci Edouard. Il n'y a rien d'exceptionnel à marcher en respectant la nature. Tu sais, sur un grand parcours comme celui que j'ai fait l'an passé, j'ai eu de la chance, pas trop de casse et puis un peu de volonté chaque matin pour se lever, mettre les chaussures et avancer. A partir d'un certain point, on ne peut plus revenir en arrière, on est scotché vers le Graal que représente l'arrivée à Compostelle.

Je te souhaite de vivre une fois cette expérience extrêmement émouvante.

Amitiés pérégrines.

Christian

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